Le montage du film a duré presque deux mois. En fait ça a pris plus de temps que ce que l’on pensait. Chaque fois que l’on commençait une séquence on passait beaucoup plus de temps que prévu dessus. Ce qui est terrible avec le montage, c’est que l’on passe des heures entières à regarder et reregarder les mêmes scènes. On voit ce qu’on a raté : les perches dans le cadre, les mises aux points ratés, les faux raccords. Mais en même temps ce qui est super c’est qu’on peut tout faire au montage. On peut même changer le sens de l’histoire, avec deux trois effets on peut essayer d’arranger au mieux ce que l’on a raté. C’est un peu de la bidouille en fait.

Ce qui a été bien c’est que tout le groupe s’est retrouvé à voir pour la première fois les images qui feront le film. Et c’est devenu très concret ce que l’on a fait. Lorsque l’on a fait une première version (le bout à bout) on a pu voir ce qui marchait et ce qui ne marchait pas. Très vite on a compris qu’on devait couper certaines scènes du film parce qu’elles ne collaient pas avec le reste du film. Par exemple, alors que notre film faisait 13 minutes au départ (sans générique), il fait maintenant 8 minutes 30 (avec le générique) mais c’est pour le mieux. Finalement il valait bien mieux rationaliser l’histoire, qu’essayer à tout prix de garder tout ce qu’on avait filmé. Mais ça m’a pris du temps de comprendre ça.

Une scène en particulier m’a permis de comprendre ça. C’est la scène chez Mika. Le tournage de cette scène ne s’était pas très bien passé. Et lorsque l’on a dérushé on a réalisé qu’il y avait beaucoup, beaucoup, beaucoup, de faux raccords. Parfois il y a du thé sur la table, d’autres fois non, des fois Mika est debout, d’autres fois il est assis. Parce que je n’avais pas bien dirigé les acteurs, il y avait plusieurs regards caméras. Et pour cette raison le montage de la scène comme on l’avait prévu sur le scénario était un casse-tête chinois. Parce que l’on avait un regard subjectif sur le film on ne voyait pas comment s’en sortir, chaque phrase nous paraissait nécessaire. Finalement c’est Nicolas (notre professeur) qui nous a aidés. Il a tout simplement coupé la moitié de la scène. Elle qui faisait 2 minutes 30 au départ n’en fait plus que 50 secondes maintenant. Et c’est pour le mieux, évidemment ce n’est pas la meilleure scène de notre film, mais elle a une logique et on comprend ce qui s’y passe. Je pense que le montage de cette scène est celui qui nous a pris le plus de temps. Maintenant j’ai compris qu’il ne faut pas toujours s’accrocher désespéramment au scénario mais plutôt s’adapter. Je pense aussi qu’il faut avoir un regard extérieur et objectif sur ce que l’on fait. En effet lorsque l’on passe plus de 10 heures sur un projet (on a toutes depuis longtemps dépassé ce quota en montage), on ne peut plus avoir un regard objectif sur celui-ci.

Ce qui a été intéressant dans le montage, c’est que cette fois-ci on n’était pas en groupe de quatre à monter mais plutôt par deux ou tout seul. On s’est relayé sur nos heures de libres au lycée pour travailler dessus. Et du coup à chaque fois qu’on rouvrait la timeline on ne savait jamais ce qui avait changé, et c’est toujours la surprise. Mais c’est ce qui rend le montage collectif si sympa, chacun a mis un peu de sa patte sur ce projet.

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