Recherche

CINE DE 2 À 5

"Le cinéma, c'est l'enfance de l'art." – GODARD

Auteur

cineguisthau

Carnet de bord, montage – Rémi

Bonjour, alors voilà après plusieurs semaines sans-nouvelles, je peux enfin vous faire part de mes impressions vis-à-vis des expériences qui se sont déroulées après la rentrée. J’ai put rédiger ce document que vous êtes en train de lire, c’est à dire les chroniques de montage.

Pour commencer on a eu un problèmes avec le matériel un membre de mon groupe a perdu la housse de l’enregistreur Tascam. Après avoir essuyé le sermon de Laurent et de Cendrine j’appris que l’on ne nous prêterais plus de matériel si je ne retrouvais pas la housse. Étant donné qu’après les vacances il nous manquait des scènes a tourner, cela pose problème pour terminer ce film.

Nous avons néanmoins commencé le montage et préparé un ours sur un ordinateur. Lors de la séance d’après j’ai remarqué que les fichiers étaient répartis à de nombreux endroits et sur différents postes. Grâce à l’aide de Cendrine, j’ai pu remettre tous les fichiers audio et vidéo au même endroits ce qui était nettement plus facile pour les retrouver. Malheureusement il y a eu un problème avec l’ours de notre film qui était stocké sur un autre ordinateur je ne sais pas comment cela est possible mais il a été tout bonnement été supprimé. En attendant le transfert de tous les fichiers de l’autre ordinateur j’entrepris de refaire un ours de notre film. J’ai commencé à repartir tous les fichiers vidéos qu’on avait en séquences afin de plus facilement s’y retrouver ensuite. Dans chaque dossier de séquences j’ai commencé à étiqueter les séquences (je dois avouer que je m’y suis attelé de manière assez manichéenne). Quand le transfert des données fut terminé j’avais à peine fini d’étiqueter les séquences, je transférais les fichiers sur l’ordinateur sur lequel je travaillais puis je suis parti.

Je suis revenu le Lundi pour finir l’ours, ayant terminé les cours a 13h et après avoir mangé au self je demandais les clés du studio cinéma à l’accueil. Je suis entré dans le studio, et après avoir expliqué la situation à  Laurent, j’ai eu accès à l’ordinateur sur lequel j’avais travaillé. Pour cette séance, je remis dans l’ordre chronologique d’apparitions dans le film les vidéos que l’on avait tournées. J’ai réussi à terminer notre ours mais il nous manque encore aujourd’hui beaucoup de séquences et je pense malheureusement que notre film ne peut pas sortir comme nous l’avions prévu initialement. Il nous reste maintenant peu de solutions : soit on décrit ce qui se passe dans ces scènes à l’aide de carton noir soit nos acteurs sont présents et avec un peu de chance on réussira à tourner les séquences qu’il nous manque dans les temps, soit notre film ne sera tout simplement pas présentable ou alors on peut modifier le scénario de notre film pour qu’il corresponde à l’ours que j’ai fait.

Je crains cependant qu’il est impossible que notre film sorte tel que nous l’avions vu initialement, j’espère néanmoins que nous réussirons à rendre quelque chose de correct qui pourra vous satisfaire. Je suis désolé de ne pas rendre un film aussi abouti que je l’aurais espéré mais trop d’impondérables ont eu lieu pour que le film n’en soit pas marqué. Ce film a été une belle expérience pour moi et pour les autres aussi, je l’espère. J’ai pu participer bien plus au montage que l’année dernière ce qui m’a permis d’approfondir ma connaissance de final cut pro.

Je tiens à remercier nos professeurs pour leurs conseils et leur aide, Laurent pour nous avoir fourni le matériel, Lola, Ethel, William, Gaspard ainsi que nos acteurs sans qui rien n’aurait été possible.

Je vous remercie tous pour l’attention que vous avez porté à la réalisation de ce court métrage et j’espère pouvoir vous le montrer bientôt.

Publicités

Carnet de bord, montage – Ethel

Nous n’avions pas encore terminé le tournage que nous devions déjà commencer le montage. Malheureusement il nous manquait plus de trois séquences mais nous avons tout de même tenté de dérusher puisqu’en effet après avoir tourné les quelques séquences que nous avions, nous avons récupéré le son et les images avant de se préparer à s’occuper des bonnes (moyennes) séquences. Malheureusement nous avions trop de retard, puisque nous avons commencé le montage le 20 avril 2016. Nous nous sommes donc retrouvés dans la panique la plus totale, cherchant un moyen d’accélérer ce que nous voulions faire. Seulement, après la perte d’une housse qui appartenait au lycée, nous n’avions plus accès au matériel de cinéma. Nous ne pouvons donc pas tourner les dernières séquences qui nous manquent et en plus de ça nous n’avons même pas terminé le montage. Nous avons simplement récupéré les sons qui allaient avec les séquences. Malheureusement il nous a déjà fallu trois heures pour faire cela et nous ne savions pas comment faire.

Encore maintenant je me demande comment le film va pouvoir être abouti correctement. Je suis assez déçue de voir que le film ne pourra finalement pas être abouti.

Nous savons tous les cinq que notre film Demain sera encore une dure journée pourrait être un bon film, et nous savons aussi que nous aurions dû nous « relever » après tous ces problèmes accumulés. Malheureusement nous avons continué à en avoir encore et encore et notre retard s’est agrandi. Je sais que cette fois-ci le retard est impossible à rattraper et cela me rend tout d’abord embarrassée mais aussi triste. J’aurais vraiment voulu en apprendre plus sur les façons de monter et voir que notre film allait enfin prendre forme.

Même si je sais pertinemment que je n’aurais pas pu être d’une grande aide pour le montage je voulais absolument voir William et Gaspard à l’oeuvre et pouvoir peut-être leur donner des conseils ( même si cela n’aurait sans doute pas pu les aider… ).

Ma pensée reste tout de même positive pour ce film malgré ma déception. Je sais qu’il peut-être très bien même si les noirs viendront presque tout gâcher.

Ce film nous aura forgé pour le futur et nous saurons nous préparer à des difficultés comme cela pour les prochains tournages et se rendre compte que derrière le montage est important.

Je sais que nous n’avons pas assez anticipé en amont ce que nous voulions faire sur le montage ( chose qui aurait pu accélérer notre démarche considérablement).

Je reste déçue mais tout de même très fière du chemin que nous avons fait.

Carnet de bord, montage – Valentin

Ce carnet de bord va être court car bien que j’ai assisté Marek, le réalisateur, au montage en cours de cinéma, c’est lui qui a monté l’ensemble de notre court métrage.

Les dates de montage n’ont pas été fixées. Marek montait lorsqu’il avait le temps ou nous le faisions durant les cours de pratique cinématographique.

Contrairement à la manière dont un film est monté généralement, nous n’avons pas attendu d’obtenir tout les rush avant de commencer le montage. Dès nos premiers plans enregistrés nous avons commencé à les monter. Ainsi petit a petit nous assemblions des séquences déjà prêtes.

Au fil du temps nous avons réalisé que notre film aurait une durée supérieure au temps que l’on nous avait consigné. Mais fort heureusement pour nous, certaines séquences nous ont déplus et nous avons donc réussi à réduire la durée du film.

Je joue le rôle de traducteur dans notre groupe, l’hébreu étant ma deuxième langue maternelle. Dès les premières séquence où le dialogue est en hébreu, je suis chargé de traduire les répliques des acteurs car nous leurs avons laissé la liberté d’improviser en restant dans le thème. J’écris donc les dialogues et les envoie à Marek qui se chargera de les incruster sr la vidéo finale en fin de montage.

Durant les cours de cinéma, le montage était très plaisant. L’écoute présente dans le groupe nous a permis à chacun de donner notre avis. De plus, en observant Marek utiliser le logiciel de montage, j’ai également appris comment l’utiliser de manière générale. J’ai appris l’importance des transactions entre les plans et des sentiments qu’elles peuvent produire.

Le montage à donc été une première pour moi mais ce fut une expérience très enrichissante et instructive.

Carnet de bord, montage – Fanny

L’année se clôture par le montage. Sachant le peu d’heures de cour qu’il nous reste, nous montons principalement sur nos heures de trous. Un emploi du temps s’est installé progressivement. Nous nous sommes vite rendues compte qu’être plus de trois devant l’ordinateur nous rendait inefficace. L’utilisation de final cut pro m’est vite revenue.

Dès le début, nous avons eu un problème de taille : nous ne sommes pas sur le bon format car on a changé de caméra en cours de tournage mais nous n’avons pas changé sur l’ordinateur. Mais nous nous en sommes rendus compte trop tard pour changer. Cela a entraîné un rendu très long des scènes. Les premières heures de montage se sont donc principalement limitées à rendre.

Sur certaines scènes, nous n’avons pas pu pendre le scripte car nous jouions et Ines était seule derrière la caméra. Pour ces scènes, nous avons donc du tout regarder et choisir les meilleures mais c’était dur de se décider surtout que nous ne pouvions pas tout mettre car le rendu aurait été trop long.

Je ne me sentais pas capable de monter la scène du dvd car me voir faisait revenir de mauvais souvenirs. Les filles s’en sont donc chargées.

Carnet de bord, montage – William

Mercredi 20 avril, nous commençons notre montage, il nous reste tout de même 3-4 séquences à tourner. Notre séance d’aujourd’hui consiste à dérusher tous nos plans déjà tournés auparavant.

Nous avons fait l’erreur de ne pas récupérer tout de suite nos plans tournés au courant du mois de mars. Il est alors très compliqué de retrouver tout les fichiers vidéos et sons de nos séquences.

La séance touche à sa fin, nous avons tout trié et tout bien rangé dans un dossier commun.

Je suis quand même très inquiet de l’avancement global de notre film et me pose cette ultime question : Va-t-on rendre notre film complet à la fin du trimestre ?

Nous avons un dossier à rendre pour le mercredi 18 mai. Je dois trouver une problématique en lien avec notre film tout en mêlant des analyses de films étudiés dans l’année et rendre le dossier de production (scénario, synopsis, découpage technique…) réalisé en début d’année avec mon groupe.
Je sais que la séance prochaine, celle du mercredi 27 avril, va être dédié essentiellement à l’avancement de ma problématique et que nous pourrons continuer le montage à la séance d’après, celle du 4 mai.

Carnet de bord, montage – Juliette

Le montage est la troisième et dernière étape de la création d’un film.

Le premier jour pour nous est un jour de découverte ; la majorité d’entre nous avait rarement eu l’occasion de toucher au montage avant. Il faut tout apprendre, tout retenir. Tout d’abord, on dérush mais n’ayant pas fait les réglages sur notre caméra, on se retrouve avec des plans en format 4:3.

Ensuite, il faut découper les plans, car notre caméra ne les a pas découpé toute seule, ce qui prend un temps monstrueux. Pendant plusieurs jours on découpe nos plans.

Puis, on choisit les meilleurs prises pour chaque plans. En regardant les prises avec les faux raccords, les fous rires, on se rappelle le tournage : quelle galère ça a été mais aussi quelle partie de rigolade.

On s’aperçoit aussi que toute une séquence est complètement sombre car à contre-jour et donc irrécupérable. Il y a aussi le dialogue avec Mika, qui n’a pas été aussi réussi que prévu. Heureusement, Nicolas est là pour nous venir en aide.

Une fois cela terminé, il faut commencer à constituer notre ours, c’est à dire mettre nos plans bout à bout pour voir la ligne directrice de notre film.

On soumet alors notre ours à Cendrine qui, après l’avoir visionné, nous annonce qu’il faut tout reprendre. Elle nous dit qu’un plan n’est pas nécessaire s’il n’exprime pas une idée, ce qui est véridique et me fait réfléchir sur la véritable intention de notre film. Alors on refait tout, on supprime beaucoup de plans, vraiment beaucoup.

Puis, on ajoute des transitions, des musiques, on ajuste les volumes, on fait l’étalonnage etc. Il faut soigner le moindre détail.

Le montage comme le reste, laisse une grande part à l’imagination. Les prises ne sont que la base sur laquelle on peut créer toutes sortes de choses.
Au final, le film ne dure que 8min35 au lieu de 22 min lorsqu’on avait fait l’ours. On a supprimé plusieurs plans qu’on ne pensait pas nécessaire, pour une meilleure lisibilité du film. Pour ma part, je suis satisfaite du projet, qu’on a réussi à mener jusqu’au bout, même si il n’est pas exactement comme je l’imaginais.

Carnet de bord, montage – Lola

Nous avons pris un énorme retard dans la réalisation de notre film Demain sera encore une dure journée, ce qui explique que nous n’ayons actuellement pas beaucoup avancé dans la phase de montage.

A l’heure actuelle nous avons dérushé toutes les prises que nous avions fait, les visionnant toutes une à une en sélectionnant pour chaque plan la meilleure prise, et en annotant les autres en fonctions de leur qualité et de leur potentiel exploitable.

Etant donné que nous avons enregistré le son sur un enregistreur et non sur la caméra directement, nous avons dû retrouver les pistes audio correspondant à chacune des prises que l’on a gardé, ce qui fut long et fastidieux à faire. En effet, nous avons dû écouter attentivement la plupart des pistes pour déterminer à quelle prise elles correspondaient.

Une fois que cela fut fait, nous avons réuni toutes nos bonnes prises et leurs pistes audio sur un fichier final cut pro. Nous avons eu le temps de  commencer à mettre les plans sur la timeline mais ne sommes pas allés plus loin.

Carnet de bord, montage – Marek

Nous entamons cette dernière étape du film au fur et à mesure que nous tournons. Le montage est comme on le dit souvent une deuxième écriture, une deuxième vision du film. En l’occurrence, étant réalisateur et monteur, mon point de vue à propos de cette deuxième écriture n’est pas très différent de la première, au moins au début en tout cas. Cependant, cette étape est aussi le passage de la remise en question, de l’apparition des erreurs du tournage et de nouveaux doutes. Nous décidons de tout monter d’une traite pendant les vacances de Noël pour pouvoir avoir déjà un bon aperçut de l’idée du film. Le montage est réalisé sur Première pro CS6.

Nous montrons l’ébauche du montage à notre professeure le premier mercredi de janvier. Sur certains points elle n’est apparemment pas satisfaite et nous le fait comprendre. Elle nous montre surtout pourquoi elle ne l’est pas. Après moult réflexions, nous décidons de carrément réécrire certaines séquences dans le but de les retourner plus tard. En parallèle nous mixons le son qu’il nous faut rehausser et recaler sur les rushs. C’est un travail long et fastidieux, cependant il apporte très vite des fruits très professionalisant sur le rendu du film.

13275272_1025689530855977_1458965642_o

La Timeline imposante du film

La vidéo et les dialogues montées nous pouvons maintenant s’attarder sur la musique. Nous décidons pour cette dernière de la composer nous même. Nous avons en tout composé six morceaux : deux musiques d’ambiance plutôt douces composées et jouées par Claire Gravelines, amie de Mélanie Rodet à la viole de Gambe, une composition chant par Claire Gravelines et Mélanie Rodet, viole de Gambe par Claire Gravelines et piano par Marek Berger, le même morceau pour notre générique mais seulement en instrumental, et deux morceaux plutôt rock épaulés par Pierre Berger, guitariste. L’avantage en composant sa propre musique est de pouvoir décider quand l’arrêter et de pouvoir lui faire « dire » ce que l’on veut pour qu’elle complète parfaitement l’image.

13230863_1025689424189321_1691636076_o

Journée d’enregistrement des musiques

La musique calée, notre dernière étape consiste a rédiger et placer les sous-titres français. Les logiciels crées pour cela étant plutôt compliqués nous utilisons l’option titre de notre logiciel de montage. Avant de les créer, nous faisons plusieurs recherches à propos des normes à respecter pour qu’il soit à peu près conforme à de vrais sous-titres.

Nous n’avons plus qu’à exporter notre film dans une immense expiration cathartique.

13235032_1025689547522642_329323175_o

Le plan de montage avant d’exporter

Pour conclure sur l’aventure du montage, c’est un travail très technique, fastidieux et long. Il faut pour cette étape être très patient pour pouvoir tenter d’exploiter au maximum les rushs tournés. C’est un travail à la fois technique et artistique. Effectivement, c’est à l’heure du montage qu’on a la possibilité de modifier réellement le film et le récit qu’on veut lui donner dans la mesure du possible. Ce long travail est aussi le dernier à faire avant l’export final qui permet enfin, après plus de sept mois de travail de visualiser son propre film terminé. C’est une satisfaction inqualifiable, un soulagement, un bien être. C’est l’aboutissement d’un projet dans lequel nous vivons sans cesse, d’un projet qui à son coin dans notre tête et dont aujourd’hui nous sommes fier.

Carnet de bord, tournage – Marek

 

Samedi 19 décembre 2015 :

Premier jour de tournage, nous commençons avec les plans de la frontière. Le temps est gris mais le ciel est uniforme ce qui fait ressortir le personnage dans le cadre. Nous commençons avec une heure de retard. Les plans de la frontière sont une addition de travellings dans lesquels Ben, le personnage principal court puis franchit le grillage. Les travellings sont réalisés sur un longboard, moyen pratique et à peu près stable avec lequel nous obtenons un bon rendu malgré la difficulté de suivre le personnage qui court à la caméra. Un peu plus tard nous retournerons cette partie en faisant le travelling depuis l’arrière d’une voiture.

Pour ce qui est du lieu nous tournons près de la passerelle SNCF derrière les nouvelles cliniques Nantaises. L’inconvénient est tout d’abord de trouver ce grillage puis par la suite de le franchir avec prudence pendant le tournage car cela n’est pas autorisé du fait que le train passe de l’autre côté.

IMG_2739

Marek Berger sur le tournage de la frontière

Au niveau de l’organisation de la partie technique du tournage nous n’avons pas trop de difficultés. La caméra ne reconnaît pas les micros, nous enregistrons donc sur un enregistreur HDP2 externe. L’autre inconvénient est ici la lumière extérieure qui diminue au fil de la journée. Nous finissons tout de même à temps pour ne pas avoir de faux raccords.

moto deux

Valentin Eden sur sa moto durant la scène de fuite

Le soir même nous tournons des plans de moto dans lesquels Ben roule la nuit. C’est à vrai dire un moment très amusant et un peu risqué. Mélanie (preneuse de son) et moi sommes assis au bord du coffre d’une voiture et Valentin (Ben) nous suit en moto. Nous nous éloignons pour ces plans de la ville dans le but de n’avoir que la lumière du phare de la moto pour ne surtout pas discerner le paysage français qui n’entre pas dans le contexte de notre film.                             

Cette première journée de tournage me donne un avant-goût de ce qui m’attend pour plusieurs mois et la vision que j’y vois est clairement alléchante.  

Dimanche 20 décembre 2015 :

Ce dimanche est sûrement la plus grosse journée de tournage. Dès huit heures du matin nous tournons une séquence avec Ben. Les plans étant muets je décide de créer une ambiance avec de la musique : The bank, The Shooting, Nobody Knows Who You Are de Nils Frahm issus de la B.O de Victoria qui est à la fois calme et pesante. Très bien pour nos scènes et notre concentration de si tôt matin. Par la suite nous retournerons cette séquence pour éviter un faux raccord avec le décor de la chambre.

Ensuite, le gros du tournage commence. La famille de Valentin (Ben) joue dans le film. La première séquence avec eux est très compliquée à mettre en place de par nos quatre acteurs à l’image, et le travail d’équipe entre cadreur, preneuse de son, et éclairagiste pour ne pas avoir d’ombres de l’équipe technique dans le champ. Au final nous réussissons à nous organiser.

En tant que réalisateur je suis très content du travail des acteurs qui, malgré le fait qu’ils soient amateurs, font de vrais efforts et réussissent à s’imprégner dans les personnages comme il se doit. Le travail fait avec l’équipe pour leur montrer ce qu’on attend d’eux est aussi une chose très intéressante. Il permet autant pour les acteurs que pour nous de voir ce qui fonctionnent bien dans notre film ou non. Nous sommes d’ailleurs amenés à modifier certains passages à certains moments, ou à laisser nos acteurs improviser pour plus de réalisme et moins de sur-jeu.

famille again

Marek Berger (premier plan) pendant la scène de famille

Nous enchaînons sur une séquence entre Ben et son grand-père. Par manque de temps nous nous précipitons un peu et après visionnage de nos plans un peu plus tard, non convaincus de ce que l’on souhaiterait faire passer comme émotions, sentiments, nous décidons de les supprimer pour les retourner plus tard. Cela avec une autre vision de la chose, autant du côté du jeu des acteurs que de l’organisation de la technique. Leur jeu nous semble trop superficiel et les placements des éclairages et de la caméra ne permettent pas de créer l’ambiance d’un certain confinement et d’une complicité entre les deux personnages que nous souhaiterions.

La séquence que nous tournons ensuite est pour moi la plus fastidieuse et angoissante à mettre en place de la journée. Nous devons tourner un repas de famille, un chabat plus précisément. Nous avons donc plus d’acteurs, un repas à préparer et certains objets typiques de ces moments religieux comme des bougies ou une nappe blanche tout en pensant à tous les petits faux-raccords qui pourraient apparaître au montage. Je laisse Valentin s’occuper de la direction de nos sept acteurs et m’organise avec Mélanie (preneuse de son) pour les placements de la perche et de la caméra par rapport à la lumière.  Pendant le tournage de la séquence j’ai une idée de raccord à faire qui me vient de la vidéo The voices de Studio Movie. Cela consiste à créer une ellipse en faisant un travelling accéléré qui passe derrière la tête d’un des acteurs. Le résultat fonctionne bien, on la garde !

acteur

Christian Chauvet ( gauche ) et Jérémy Colas (droite) pendant la scène de Chabat.

Nous tournons ensuite deux dernières séquences rapidement. La journée se termine vers vingt et une heure. Malgré la difficulté de prévoir des tournages longs et fastidieux comme ceux-là, en tachant de respecter des horaires selon les disponibilités de tous, c’est une expérience formidable. Je suis plongé dans un monde qui est le notre, dans notre passion, déconnecté de tout avec des gens géniaux, motivés et qui apportent chacun de leurs expériences personnelles une touche au film, pour notre plus grand bonheur.

Nous allons chacun dormir. Cela continue !

 

Lundi 21 décembre 2015

Ce lundi nous tournons une séquence avec notre professeur de cinéma. Avec la fatigue et la précipitation nous oublions l’enregistreur HDP2 et l’enregistreur audio que Ben possède dans le film. Nous les récupérons rapidement quelque peu stressés par nos oublis. Nous avons environ une heure de retard sur ce qui était prévu. Après le tournage et différentes ébauches de montage, nous décidons encore une fois de supprimer ces plans pour les retourner un autre jour. Valentin et moi repassons carrément par l’écriture, en nous posant des questions : « Quelles émotions ? », « Quelles sensations ? », « De la musique ? », « Quel raccord ? ».

Je termine la journée un peu déçu de nos derniers plans mais cela me permet de découvrir l’une des valeurs qui me semble aujourd’hui des plus importante pour réussir dans le cinéma : l’assiduité. On peut aussi peut être ajouter beaucoup d’imagination, de courage, de persévérance et de motivation mais pour cela j’ai bien l’impression que l’équipe en déborde.

Mercredi 23 décembre 2015

C’est une journée de tournage très excitante car aujourd’hui je pars faire un tour d’avion pour le film. C’est la scène finale, un départ en avion, un envol, a tissa au sens propre du terme. Ayant un ami dont le père à son permis de pilote, après quelques négociations, il m’autorise à venir avec lui durant un vol. Valentin n’est malheureusement pas disponible ce jour là. Étant donné qu’avoir un avion n’est pas forcément facile, je décide de prendre pour doublure mon ami qui de dos avec une capuche joue Ben. Le subterfuge est réussi cependant sans le visage de Ben, le plan n’a plus réellement d’importance car l’émotion souhaitée ne ressort pas. Cette scène est la dernière, donc importante.  Nous prenons aussi en considération le réalisme de notre film et les témoignages de certaines personnes nous affirmant que quitter définitivement ou pour une longue période son pays n’est vraiment pas simple. Nous décidons donc de retourner cette séquence un jour pour lequel Valentin sera disponible.

IMG_2658.JPG

Antoine Lafaye doublant Valentin Eden dans l’avion

Ce premier essaie d’envol est tout de même très important pour moi. Étant réalisateur et cadreur j’aime, et je trouve primordial le fait de m’immiscer dans la peau du personnage. Cela me permet de jouer sur l’aspect technique dans le but de faire ressortir l’émotion dite sur la séquence. Je vis donc pour une première fois l’envol, et visualise les possibilités techniques et artistiques dont nous disposons pour la fois prochaine.

Lundi 28 décembre 2015

Ce jour de tournage est un peu spécial étant donné que nous déciderons par la suite de supprimer définitivement cette séquence du film. Je trouve cependant important d’en parler.

Nous prenons dès huit heures du matin le car en direction de Pornic en vue de tourner une séquence à la mer dans laquelle Ben part en bateau pneu gonflable. La journée commence plutôt mal. Valentin nous annonce qu’il n’a pas son appareil photo waterproof. Un peu stressé par la situation je passe deux trois appels et récupère le matin même un appareil étanche. Nous partons en car peu réveillés. Je suis très impatient de tourner cette séquence qui je pense va nous donner du fil à retordre mais aussi nous faire rire étant donné que nous allons nous baigner à seulement trois jours du nouvel an et que la température de l’eau doit être environ à 10° Celsius. Nous sortons du car très heureux d’arriver enfin, et déterminés à tourner. Le car repart et nous perdons très vite notre sourire ; la perche a glissé dans la soute et nous l’avons oubliée. En tant que réalisateur et responsable du matériel la situation n’est pas très agréable et problématique au vue de cette journée de tournage. Valentin décide d’appeler la société des cars Lila pour savoir si il existe un moyen de récupérer la perche.  On nous annonce qu’elle sera récupérable au retour du car vers 13h15. Nous nous dirigeons donc vers la plage pour nous préparer en attendant le retour du car. Le problème réglé, Valentin et moi enfilons nos combinaisons. Tourner dans l’eau est extrêmement compliqué, beaucoup plus que ce que j’aurais cru. Sur le chemin du retour nous regardons nos plans, très déçus. Aucuns ne sont vraiment convaincants. Nous déciderons donc au montage de supprimer cette partie du film et de modifier quelque peu le schéma narratif de l’histoire.

Je suis tout de même content de cette journée. J’ai compris que cela pouvait être très difficile de tourner dans certains lieux, que ce soit physiquement pour l’équipe mais aussi matériellement. Je suis fatigué, mais le film avance bien. Je suis confiant pour la suite.

IMG_3171

Valentin Eden et Marek Berger tournant la séquence de la mer

Les jeudi 31 décembre 2015, jeudi, 18 février 2016 et dimanche 27 mars 2016, nous retournons les séquences ratées. Il faut préciser que ces séquences ne convenaient pas pour différentes raisons tels que la présence de faux raccords trop visibles, des maladresses techniques au niveau du cadre par exemple ou des jeux de comédiens trop peu convaincants. Retourner des séquences est toujours au début décevant et difficile, car nous avons l’impression de refaire le même travail. Cependant, après visionnage de ces nouvelles séquences nous sommes fiers de ce travail que nous avons refait. Et, pour moi, c’est ici qu’on apprend le plus. Je suis amené à comparer les anciennes séquences avec les nouvelles et cela me permet de voir et comprendre nos anciennes erreurs. Je vois aussi le pouvoir qu’un axe de prise de vue a par rapport à un autre sur la même séquence, et c’est très instructif.
Je peux maintenant conclure sur cette expérience exceptionnelle que fut ce tournage. J’ai découvert énormément de choses ; la fatigue des journées enchaînées, l’angoisse, mais aussi et surtout l’enthousiasme, l’aspect social du cinéma, le partage des connaissances entre individus. Tous ces moments passés qu’ils soient stressants, agréables ou les deux, furent pour moi très instructifs et très intéressants. Ils m’ont permis de voir et de toucher d’un peu plus prêt le cinéma et l’envers du décor. Je peux maintenant affirmer que ce que j’y ai vu m’a énormément plu, et que j’ai hâte de recommencer. Je suis fier aujourd’hui de pouvoir crier haut et fort : « Ok, elle est bonne, on la garde ! C’est une fin de tournage ! »

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑