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CINE DE 2 À 5

"Le cinéma, c'est l'enfance de l'art." – GODARD

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BROUHAHA

Rue du va-et-vient, ça avance…

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Et après on verra

Chro Ni ou l'autre
Nina de La Casinière

Malo ne sait plus ce qu’elle veut, elle sait qu’elle ne sait plus qui écouter, mais elle ne sait pas quoi faire. Bientôt, elle n’aura plus le temps de divaguer, de rêver de pieds. “Pas sérieux”  ils disent, “ridicule même”. Ce n’est pas commun, en effet, mais Malo aime les pieds, les chaussures, les voûtes plantaires, les collants et les orteils. Elle ne sait pas d’où ça lui vient, mais ça a toujours été le cas, “c’est comme les gens qui aiment les voitures, on ne sait pas pourquoi” dit-elle parfois. Bien sûr, personne n’entend, sauf Loup. Loup est son ami et lui il comprend, je dirais même plus, il ressent. Contrairement à Malo, il s’en fiche un peu de ses études, il aime passer du temps avec ses amis, avec Malo. Quant à elle, elle entre à contrecœur dans un conflit avec sa famille qui refuse de la laisser faire ce qu’elle souhaite : mannequin pour pieds, podologue ou encore créatrice de chaussures. Depuis toujours, ses parents désirent qu’elle fasse de longues études comme sa sœur qui est en école d’ingénieur depuis deux ans. Ils n’ont jamais imaginé que les rêves de leur fille pouvaient être différents. Malo est certaine d’une chose, personne ne lui dictera plus ce qu’elle doit ou ne doit pas faire.

Nina

Sous la pluie

Un arrêt de bus, sous la pluie, la chaussée semble inondée de part et d’autre. Dans les caniveaux l’eau sale regorge. Une fille arrive, elle se déplace avec lenteur comme si la masse drue qui la surplombe appuyait sur ses épaules. Elle parvient sous l’abri. Un individu attend, aussi. Elle le dévisage sans qu’il ne la voit. Le silence retombe tout d’un coup, elle se dit qu’il doit être jeune, un peu simplet, il porte sa planche de skate comme une baguette de pain.

S’engage alors un dialogue, de ceux qui se glissent sans encombres avec n’importe qui. Des conventions. Tu n’as pas vu le bus? Je l’attends aussi. Mais l’heure est passée? Sûrement, je crois que c’était le dernier. Leur regard défile les horaires inscrits, ils ont raté ensemble la dernière correspondance. Alors quoi.. attendre? Ce serait stupide, la pluie se fait plus éparse, ils peuvent repartir. Le temps s’épaissit alors, comme une goutte d’eau qui gonfle. Elle pose des questions. Il lui répond. D’abord brièvement puis viennent les détails, les anecdotes. Ils ont du parler de psychologie, d’un bouquin, et à partir de là le sujet était amorcé. Il s’y connaît, parle soudain avec une vivacité insoupçonnée. Il regorge d’idées et anime son discours de gestes fébriles. Elle le regarde, l’écoute, le pompe avec attention. Sa personne l’intrigue, puis le simple fait qu’il ait la trentaine malgré son allure d’adolescent l’attise. Elle aime à s’imaginer un dessous des apparences, quelque chose qui renfermerait toute une personne, tout un monde contenu. Ils marchent et n’ont pas conscience de cette action. Juste le fait qu’il lui parle, lui raconte sa vie, différente, et de son enfance mal vécue. C’est le suicide qui a déclenché l’engrenage, puis l’enfermement, le malaise, un humain qui se cabre. Les psychologues, le suivi, les recherches vaines. L’espoir et le désespoir. De toute une vie, qui l’emmène fatalement à sortir faire du skate, dans une grande ville qu’il ne connaît presque pas. Pour rejoindre ses parents ici, le soir. Le temps se détache soudain, il lui fait part de ce qu’il veut devenir. Être lui même, un lui même inscrit dans les gênes et non les histoires de famille. Il voudrait être à son image, un jeune, oui, côtoyer une jeunesse qu’il n’a pas connu. La voiture maternelle freine soudain à leur hauteur. Et la pluie se remet à tomber, comme une prémonition.

Elodie

Le vagabond

agathe

Quelques heures avant d’aller en soirée et de tout oublier avec l’alcool. Une rencontre. Il avait 18 ans et le double de son poids sur le dos. Il n’avait pas pris de douche depuis plus d’une semaine et des chaussures de randonnée aux pieds. Il s’appelait Martin. Martin avait vu l’Italie, l’Espagne, une partie du Canada -oui pas de bol, il avait été arrêté à la frontière et renvoyé net-, Amsterdam et une bonne partie de la France. Découvrir le monde sans un sou en poche. Juste son pouce et sa bonne humeur. Personne ne le connaissait et n’aurait imaginé que seulement quelques mois plus tard, il allait élire Nantes comme la plus belle ville sur terre, s’y installer à la rentrée prochaine et surtout y être cette soirée-là. Martin, il te parle de festivals, mais aussi de toutes ses rencontres sur la route, de son stage d’animateur, de Pulp Fiction et du renversement du sale. Il a un nez qui s’agrandit quand il fume et il a maigrit un peu plus à chaque fois qu’on retombe sur lui. La première fois que je l’ai vu, je pensais qu’il cherchait à faire un remake d’Into The Wild. Maintenant je sais qu’il recherchait juste un endroit sur cette planète où il se sente bien.

Agathe

Territoire inconnu

Cela faisait maintenant bientôt 20 minutes que Maëva attendait son bus sous l’averse, qui semblait ne jamais finir. Elle se demanda depuis combien de temps elle attendait ce bus qui devait la conduire à son nouveau lycée. Elle ne comprenait toujours pas pourquoi ses parents avaient choisi de déménager une nouvelle fois et pourquoi  ils lui avaient annoncé la nouvelle seulement deux semaines auparavant. Elle se doutait pourtant que leurs raisons devaient être valables, néanmoins elle en éprouvait toujours de la rancœur.

« Putain, tous les quatre ans c’est la même chose, mais qu’est ce qui leur passe par la tête, ils savent pourtant que j’ai du mal à m’intégrer ».

La météo n’était pas là pour la réconforter, elle tremblait à l’intérieur de sa doudoune. Histoire d’attirer l’attention, elle sortit de sa poche une cigarette qu’elle avait volé à son grand frère ainsi que son briquet. Elle voulut allumer sa cigarette mais ses doigts engourdis par le froid la firent tomber dans le caniveau. Elle entendait les rires rauques des garçons et les gloussement des filles qui attendaient avec elle. Elle avait hont d’avoir donné une si piètre impression d’elle-même.

« L’année commence bien » soupira-t-elle.

Quelques instants plus tard le bus arriva.
Rémi

A la foire

La semaine dernière, j’ai passé l’après-midi à la foire avec une amie. Elle m’a dit qu’elle n’aimait pas trop mais qu’avec moi, elle voulait bien y aller. On a bien rigolé. Elle critiquait les personnes de sa classe, faisait des blagues pitoyables et riait comme une baleine enrhumée. Et puis, sans vraiment savoir pourquoi, j’ai du dire le mot de trop. Je l’ai vue se transformer devant moi. Passer du rire aux larmes, du soleil à la pluie et de la joie au désespoir. Ne sachant pas quoi faire, je lui ai fait un câlin. Je trouvais ça triste qu’elle se mette à pleurer. Surtout dans cet univers. A la foire, il y avait des lumières partout, de bonnes odeurs émanaient des délicieuses sucreries, des amoureux se donnaient un rencard pour la première fois, il y avait des musiques qui rentrent trop vite dans la tête, des rires…. Des rires… Et encore des rires. Mais elle, comme quelqu’un de différent, venue d’un autre monde, elle pleurait. J’ai pris mon courage à deux mains et je lui ai posé des questions. C’est alors qu’elle m’a dit, en sanglotant : «Mon grand-père est mort. Le cancer…». Elle s’est remise à pleurer. Je ne savais pas quoi dire. «Tu sais… Ça arrive souvent…C’est pas grave… Il repose en paix… Il veille sur toi maintenant.». Mais ce n’était pas tant sa mort qui l’a rendait malheureuse. Et c’est sans doute ce qui m’a échappé lorsqu’elle a murmuré : «Je ne le connaissais même pas… J’aurais du…». Je lui ai tendu un mouchoir et elle a fini par se calmer. Je crois qu’elle n’aimera jamais la foire.

Marine

Martine

Martine embrasse tendrement ses parents et sort de chez elle. La fraîcheur des matinées d’hiver atteint violemment ses joues encore chaudes. Elle inspire un grand coup et commence à marcher. Peu a peu les lampadaires s’éteignent. A une rue du lycée elle retrouve Philippe comme tous les matins adossé à la porte de son immeuble. Ils finissent de monter la rue ensemble et se séparent ensuite pour aller en cours. A 17h la sonnerie retentit. Les élèves s’empressent de sortir. De petits groupes se forment devant le lycée et Martine se trouve dans l’un d’entre eux. Un peu plus tard elle rentre chez elle, son goûter l’attend sur la table de la cuisine. Elle le prend et monte faire ses devoirs dans sa chambre. Après ça,  elle partage un repas convivial et agréable avec sa famille comme tous les soirs. Ils débarrassent, font leur toilette et chacun s’enferme dans sa chambre. Martine enfile une robe de chambre et se glisse sous sa couette. Quelques minutes plus tard, son père entrouvre la porte et lui souhaite une bonne nuit.

Martine est dans sa chambre mais ne dort pas. Elle attend. Quand ses parents et son frère sont enfin endormis elle quitte sa chambre, descend discrètement les escaliers et sort de la maison. Elle prend un sac à dos qui était dissimulé dans un buisson, y introduit sa robe de chambre et ses chaussons, récupère une paire de converses usée, l’enfile et repose soigneusement le sac dans le buisson. Peu après, Philippe arrive, lui prend la main et tous deux se mettent a courir. Ils arpentent de petites rues sombres, dévalent des escaliers et arrivent enfin devant cette petite porte dissimulée. En posant sa main sur la poignée, Martine sent les vibrations produites par une violente agitation rythmée par les basses. Elle tourne la tête, sourit a Philippe qui sourit à son tour et entre.

Suzanne

Dimanche matin

Comme chaque dimanche matin Louis se lève a 7h45, s’habille, prend sont petit dej, se brosse les dents, prend son vélo et part faire du sport. Comme tous les dimanches matin, il passe par Canclaux, Copernic, Saint Nicolas, 50 otages… En temps normal, il ne croise aucune voiture, tout le monde dort. Mais en longeant l’Erdre au niveau de l’île de Versailles, il se fait doubler par une voiture, une mini cooper blanche, enfin « mini » c’est surtout une marque. En regardant par la fenêtre de la mini, il distingue vaguement un dame avec un très long nez et des cheveux bruns attachés, du moins ce sont ses souvenirs. Quoi qu’il en soit, cette même mini se gare 100 mètres plus loin. Bon cette dame devait être sacrément pressée pour doubler quelqu’un et se garer 10 secondes après. C’est sûrement pour ça qu’elle a ouvert sa porte de voiture sur la piste cyclable sans même faire attention au vélo qui lui arrivait dessus. Louis réussit à esquiver cet obstacle de justesse et il s’attendait à un petit « désolée » de rien du tout, juste pour lui montrer qu’elle n’avait pas fait exprès et qu’elle s’excusait. Mais il n’eut rien de tout ça, il eu le droit a un grognement et un « regardez où vous rouler ! ». Sur le coup, Louis ne comprit pas bien, il fut tenté de faire demi tour et de lui expliquer qu’elle se trompait, qu’elle était en tord. Mais bon il était en retard…

Louis

Louis

Sarah

Sarah marche dans la rue, avec ses parents et sa sœur Margot. Il fait froid, c’est une journée d’hiver. Les passants ne peuvent s’empêcher de jeter des regards scrupuleux à Sarah. Sarah a l’habitude, c’est comme ça depuis sa plus tendre enfance. Elle s’est toujours sentie différente. Ses parents ne lui ont jamais rien caché, ils lui ont toujours répété : « Sarah tu as été adoptée. ».

Juliette

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